L’Euphonie de la dissonance

©Regis Golay

Pour se plonger dans une matière à corps perdu, rien de tel qu’une immersion en mode bootcamp. Ainsi, plutôt que se nicher dans une anfractuosité artistique et ne se concentrer que dessus, l’inverse sera mis en exergue pour les Cartes Blanches de Contrechamps. L’Ensemble propose des concert réguliers, dit d’abonnement, mais aussi des propositions plus ponctuelles, telles que Cartes Blanches, où l’espace du week-end du 8 au 10 mars on se jette dans une rave mentale et émotionnelle de compositions contemporaines.

 

Quomodo ?

 

Soucieux de médiation culturelle, et surtout musicale, les musiciens vont proposer un cycle de concerts sur trois jours, dont les deux premiers, vendredi et samedi soirs, voient les concerts commencer à 19h, s’interrompre et reprendre à 20h15. Pendant l’interruption, un repas est servi, compris dans le prix du billet. On est loin du vague sandwich maigrelet jeté à la criée à l’entracte au sein de certaines autres institutions. Le dimanche, c’est un concert-visite qui a lieu au Musée International de la Croix-Rouge où le concert à proprement parler durera trente minutes et la visite une heure.

Quid ?

Pour profiter au mieux de ces concerts, il convient de préciser que chacun des quatre concerts sur les deux premières soirées se déclinera en une série de pièces variées. La soirée de vendredi verra deux formations se succéder, l’une avec cinq musiciennes et musiciens : Maximilian Haft, Béatrice Laplante, les formations Millennial Percussions et Many Many Oboes et Christophe Egea en ingénieur du son. La seconde par l’Ensemble Babel, sous-formation de Contrechamps formée par Laurent Bruttin à la clarinette, Sabine Akiko Ahrendt au violon et Christophe Egea à la console. Le répertoire est majoritairement issu de compositrices et compositeurs seniors. La soirée de samedi verra Serge Bonvalot au tuba, l’Ensemble Valéik en quintet et les Élèves du Conservatoire populaire de musique, danse et théâtre. Après le repas-médiation, Fabrice Melquiot acteur et auteur, réciter un texte accompagné par Simon Aeschimann et Laurent Bruttin, ainsi que des oeuvres de Kaija Saariaho, Arthur Kampel et de Simon Aeschiman là aussi. Dimanche, Thierry Debons, Sabine Akiko Ahrendt, Béatrice Laplante et Aurélien Ferret nous interpréteront trois pièces des auteurs Vinko Globokar, Rebecca Saunders et Helmut Lachenmann.

Quia ?

On comprend d’après le titre qu’une plus grande liberté est laissée aux musiciens lors de ce week-end spécial, et c’est le cas. D’ailleurs si le but de la musique est de lier et réconforter les âmes, la musique contemporaine ne se satisfait précisément pas d’acquis confortables. La succession de pièces fort différentes les unes des autres représente l’occasion rêvée de découvrir un panel très large d’inspirations modernes, car non il n’y a pas que Stockhausen dans la vie.

 

Cartes Blanches par l’Ensemble Contrechamps

Du 8 au 10 mars dès 19h

10 CHF (repas inclus)

 

Rédacteur-en-chef

Versatilement stable mais impermanence-curieux, l’animal ayant choisi l’anthropomorphisme pour réussir dans la vie, il tente tant bien que mal de s’y adapter. Amateur d’extase protestante et de rationalité tribale, c’est porté par des concepts dont tout le monde se fout qu’il arpente le rédactoriat du présent média histoire de modestement représenter tant les atours que la simplicité de la vie culturelle locale.