Photographie

Les Journées photographiques de Bienne

mai 13, 2017 10:25 Publié par

Les Journées photographiques de Bienne, ce sont trois semaines pour découvrir 28 expositions dont plus des trois-quarts sont des premières suisses ou mondiales, ainsi que des ateliers autour du médium. Le tout se déroulant au cœur de la ville aux deux noms et à travers huit lieux aussi différents les uns des autres. Cette année, du 5 au 28 mai, l’événement s’articulera autour de la notion d’extrême, sujette à de multiples interprétations.

Texte | Alexandre Kaspar

bft_kampagne2017_plakat_f4_gzd4Prisme artistique

La variété des travaux exposés peut s’illustrer par trois artistes proposant des projets aux dimensions parfois diamétralement opposées. Prenons l’œuvre de Sebastian Schmieg «Segmentation.Network» qui présente un jeu de données réalisé par des crowd workers pour la reconnaissance d’image COCO de Microsoft. Ces données, conçues manuellement et utilisées dans le cadre de l’apprentissage machine, mettent en avant le lien intrinsèque entre l’Homme et la technologie. Ce que la machine fait ou ne fait pas dépend finalement de traits bien concrets. Autre extrême, le projet du genevois Steeve Iuncker «Yakoutsk -48°C. La ville la + froide du monde» autour du rapport entre des conditions climatiques extrêmes et la vie de 270’000 habitants du nord de la Sibérie orientale. Dans ce travail quasi-documentaire, Yakoutsk est la première étape d’un tour du monde du photographe genevois vers les villes des extrêmes – la plus basse, la plus polluée ou encore la plus peuplée. Quant à Jean Revillard (plusieurs fois récompensé par des World Press Photo Awards), il suit dans «Ondes» la quête de quatre femmes diagnostiquées électro-sensibles cherchant depuis des années des white zones, ces espaces sans champs électromagnétiques et derniers refuges de ces personnes marginalisées par leurs maux.

Yakoukst janvier 2013 
La ville de Yakoukst qui se trouve dans le nord de la Sibérie orientale, connaît des température hivernales inférieures à – 50° ©steeve iuncker-gomezPenser la photographie

En résonance avec les expositions, le projet Image+ propose une série de quatre ateliers destinée à des professionnels du milieu comme des photographes, éditeurs ou curateurs. L’idée de ces workshops est de stimuler une discussion autour de problèmes contemporains rencontrés par le médium photographique. A l’ère du trop plein d’images, de la saturation, de la démocratisation de la photographie ou encore des multiples formes qu’elle peut prendre, les ateliers invitent les professionnels à débattre tout en créant des œuvres avec des participants, qui seront ensuite exposées dans le cadre du festival.

Electros hyper sensibles - Zones Blanches - EmmaUne dimension scientifique

A noter également: l’exposition des photographies et vidéos lauréates du premier Concours FNS d’images scientifiques après la sélection d’un jury parmi près de 500 images. Cette exposition prendra place dans le Nouveau Musée Bienne (NMB), né en 2012 de la fusion du Musée Schwab et du Musée Neuhaus. De par leur offre foisonnante et un regard tourné vers le futur, les Journées photographiques de Bienne constituent un événement conséquent dans le monde des images. Avec la démocratisation de la photographie, le médium doit sans cesse se réaffirmer et repenser sa place dans le monde de l’art. Voilà la pertinence d’une telle entreprise.

Electros hyper sensibles - Zones Blanches - Emma

Les Journées photographiques de Bienne
Du 5 au 28 mai 2017
Divers lieux à Bienne
www.bielerfototage.ch
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