Electronique

POL-arisation sonore

avril 13, 2017 6:12 Publié par

Co-initiateur des rendez-vous électroniques Ondulor, pionnier de l’électro et de la techno locale, méconnu du grand public genevois, les traits du sujet forment un point d’interrogation une fois abordés. Peu loquace, son empreinte sonique reste toutefois vivace, qu’elle soit dansante, ambiant ou exploratrice, elle s’inscrit résolument dans les circuits imprimés de l’électronique. Activiste sonore anti-instrumentiste, l’auteur puise ses racines dans un sampler couplé à de la dark wave, d’où il tire son engouement sonique originel. Immersion dans les entrailles d’un chantre du do it yourself dont le blase se décline en trois lettres: POL.

Texte | Mabrouk Ibn Aleya

Nourri de Sisters of Mercy, Skinny Puppy et Joy Division, les débuts de POL se résument en une basse et de la dark wave à outrance. Un prolongement à la fois sombre et mélancolique de la new wave par lequel il se retrouve propulsé dans l’électro. La basse est alors troquée contre un sampler. La rampe de lancement amorcée, l’autodidacte prend son envol sur fond d’industriel et d’EBM qu’il sécrète dans le microcosme de l’underground genevois des années 90.  La toile se tisse aux rythmes des BPM qu’il distille. Successivement, il intègre le collectif pionnier MXP, avec Plastique de Rêve, fraye avec la label Mental Groove et Urgence Disk puis rejoint Data Base, autrefois implanté à Artamis, aujourd’hui relocalisé à l’Usine Kugler.

Les perfos se multiplient et les collaborations décuplent jusqu’en 2002, date à laquelle il entame une collaboration de six ans et 7 EP avec la Genevoise Water Lily. Une épopée mêlant synth-pop à l’électro-clash durant laquelle il écume les clubs de New-York, Paris, Barcelone et Berlin, et dont l’un des titres illustrera le film Quand j’étais chanteur de Xavier Giannoli, avec Gérard Depardieu et Cécile de France. Loin de voir sa soif de sonorités s’assouvir, son champ musical tout comme celui de ses créations s’élargissent pour englober pêle-mêle musique concrète, drone, trip hop mais aussi danse et art contemporain. Aux binaires extatiques des dancefloors s’ajoutent de subtiles compositions introspectives, mystiques, sombres et spatiales.

Les influences restent pugnaces. Côté installations, citons Autoradio Orchestra, une présentée lors de l’édition 2011 d’Antigel où un orchestre de 20 voitures génère en simultané 20 compositions, contenues dans le CD glissé dans l’autoradio de chacune d’elle. Le résultat est édifiant, le parking se mue en scène et le public se voit auréolé d’une pièce musicale contemporaine.

 

Citons aussi Potager Sonore où chaque plante se voit, au moyen d’amplificateurs, diffuser une composition histoire d’insuffler une dimension auditive à la contemplation visuelle et olfactive d’un jardin.

Aujourd’hui c’est aux commandes de son propres vaisseau, le label Helvet Underground, que POL continue d’enchainer les projets parmi lesquels ROBOR avec Ghostape, AEROFLOT avec Goodbye Ivan ou encore SUNISIT avec Cesare Pizzi, le fondateur et clavier des mythiques Young Gods.

POL
www.otaku.ch
huhuhu.bandcamp.com
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