Exposition

Gagosian | La divine beauté de Balthus

mai 13, 2017 8:32 Publié par

Jusqu’en juillet la galerie Gagosian consacre sa quatrième exposition, et première en Suisse depuis 2008, au peintre franco-polonais Balthus (1908-2001). Proche des grandes figures d’avant-garde, Balthus développe pourtant un style à contre-courant des mouvements d’abstraction de son époque. Son œuvre extrêmement riche se démarque surtout par la représentation fréquente du corps féminin à la puberté. Les peintures, dessins et photographies exposés chez Gagosian retracent la carrière de cet artiste mystérieux qui dérange autant qu’il séduit et qui se hisse au rang des plus grands peintres du 20ème siècle. Retour sur un parcours singulier.

Texte | Lucia von Gunten

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Des influences surprenantes

Dès la naissance, un 29 février, la vie de  n’a pas grand-chose d’ordinaire. Enfant d’artistes, il côtoie de près les milieux artistiques et des personnalités telles que le peintre post-impressionniste Pierre Bonnard et le poète Rainer Maria Rilke. Réfugié en Suisse pendant la Première Guerre mondiale, Balthus est frappé par la nature grandiose qui l’entoure et à laquelle il attribue un caractère divin. Adolescent, poussé par l’insouciance conservée de l’enfance, il s’aventure seul en Toscane pour étudier la peinture du début de la Renaissance italienne. Deux années au cours desquelles il copie le plus grands maîtres parmi lesquels Piero della Francesca et Masaccio, dont il admire notamment le sentiment méditatif des compositions. Plus tard, c’est au Louvre qu’il est fasciné par Poussin et les lignes sinueuses de ses corps.

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Des apparences trompeuses

Dès les années 30 le traitement du corps féminin devient le sujet de prédilection de l’artiste français. Dévêtues ou nues, des jeunes filles posent pour le peintre dans des positions souvent suggestives dont l’érotisme a été l’objet de nombreuses critiques et qui rend son œuvre parfois difficile à appréhender. Il s’en dégage pourtant une douceur subtile qui happe l’œil et qui nous soustrait du réel l’espace d’un instant. Représentés dans des intérieurs sobres, les modèles sont comme absents, perdus dans leurs pensées, allongés sur un lit, accoudés à la fenêtre ou endormis. En réalité Balthus donne à voir ce qu’il ne montre pas.

balthusAu-delà du visible

À l’heure où les artistes surréalistes s’éloignent de la nature pour explorer les mécanismes de l’inconscient, Balthus lui voue une fidélité absolue. Elle est pure et parfaite, à l’image d’un jeune corps encore innocent avant que s’opère la transition vers l’âge adulte. Dans cet état d’absence et d’abandon, le corps révèle à son tour les tourments physiques et psychiques caractéristiques du passage de l’enfance à l’adolescence… cette période si chère à Balthus, dont il se souvient avec émotion et qu’il n’a jamais vraiment quittée. Un voyage artistique et sensoriel emprunt de références classiques mais dont le traitement est résolument intemporel.

Balthus
Jusqu’au 29 juillet 2017
Galerie Gagosian
19, place de Longemalle
1204 Genève
www.gagosian.com
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