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Festival de Théâtre aux Jardin du Rosey

mai 13, 2017 9:53 Publié par

«Le théâtre est une cérémonie» disait l’écrivain et critique Jean Duvignaud, alors que pour d’autres c’est une fabrique, au Rosey Concert Hall il sera bucolique. Joyau architectural consacré aux perles de la musique classique, son parc vibrera, du 6 au 10 juin, aux rythmes des répliques du Festival du Théâtre aux Jardins. Au total, trois pièces revisiteront les grands classiques d’Oscar Wilde, de Shakespeare et de Corneille tandis que deux créations germeront autour de muses occultées par l’Histoire car sacrifiées aux passions de leurs époux: Juliette Drouet et Alma Mahler. Ironie, la deuxième se jouera lors d’une soirée spécialement consacrée à… Gustav Mahler. Paradoxe? On pencherait plutôt pour la thématique cachée de l’événement. Une espièglerie soupesant le célèbre ‘’derrière chaque grand homme se cache une femme’’ pour en mesurer le sens et en faire pâlir Gabriel-Marie Legouvé. A la question, la directrice de l’événement, Pascale Méla, se contente sans mot dire d’esquisser un sourire. Un sourire tout en subtilité, derrière lequel se cache la conceptrice du Festival Autour de Mme de Staël de Coppet. 

Texte | Mabrouk Hosni Ibn Aleya

«Cultivons notre jardin»

A lui seul, le portail de l’enceinte du Rosey Concert Hall évoque une mise en scène. Gracieuse au départ, spectaculaire par la suite. A l’entrée, d’innombrables arbres centenaires se dressent et se déploient tel un rideau de piques enfoncées dans les cieux. Pour les écarter, quelques pas en avant suffisent. Distinguant d’abord quelques courbes, vous continuez jusqu’à apercevoir l’ensemble de l’édifice. Vous y voici, une impressionnante soucoupe signée Bernard Tschumi trône avec la majesté d’un vaisseau sur un tapis de verdure. Ebahis, vous vous stoppez net l’espace d’un instant jusqu’à surprendre votre imaginaire entonner l’hymne de 2001, l’Odyssée de l’Espace. Bienvenue au Festival de Théâtre aux Jardins du Rosey, le dernier-né de Pascale Méla. Pascale Méla

Après avoir initié et façonné durant deux années la renommée du festival Autour de Mme de Staël, son hyperactivité se déploie cette fois sur un site futuriste. A l’image de sa passion. L’amour que nourrit Pascal Méla pour le théâtre n’a d’égal que sa soif de partage. Pour cela elle ne prêche pas les convertis, elle innove et sort les pièces des théâtres pour les contextualiser, à l’image de Mme De Staël, ou les produire dans un spot inédit. Dans les deux cas, son défi reste le même: susciter de nouveaux penchants, faire naître de nouvelles vocations. Qui sait. C’est donc munie d’une fine sélection tout droit venue du Festival d’Avignon qu’elle célèbre la première édition.

Au programme, de grands classiques de la littérature occupent le haut de l’affiche. Ainsi, Pascal Faber qui s’est distingué avec le soin et la simplicité de sa mise en scène de Marie Tudor, présentera une interprétation onirique du Marchand de Venise de Shakespeare. S’ensuivra une adaptation théâtrale du célèbre Portrait de Dorian Gray signée Thomas Le Douarec, qui conviera le public dans une réflexion sur le sens de l’art, de la beauté et de la jeunesse. Par la suite, Jean-Philippe Daguerre nous offrira une version fougueuse du Cid pour le plaisir des preux amateurs de capes et de glaives.

Portrait d'Alma Mahler pour le festival de théatre au jardin

Alma Mahler

Deux créations promettent de déboucher sur un coup de cœur: Victor Hugo Mon Amour et Alma Mahler. La première est une brillante adaptation signée Jacques Décombe de la fiévreuse et passionnée correspondance épistolaire entre le célèbre écrivain et sa bouleversante maîtresse, Juliette. Chaque réplique provient d’une lettre, d’un journal intime, d’un poème, d’une scène de théâtre. De leur rencontre jusqu’à leurs derniers moments. En ressort le suprême sacrifice de Juliette, qui renonça à sa carrière d’actrice pour soulager son amant de sa crucifiante jalousie.

La deuxième est une pièce de Marc Delaruelle tirée des mémoires d’Alma Mahler. Une œuvre qui reflète un autre chef-d’œuvre, celle de la vie d’une brillante artiste frustrée d’être en avance sur son temps. Durant son existence elle aura façonné l’immortalité de Klimt, Kokoschka et de son machiste époux, Gustave Mahler. Un brillant esprit que la misogynie du siècle passé réduisit à une muse éthérée ou à une putain machiavélique.

Festival de Théâtre aux Jardin du Rosey
Du 6 au 10 juin
Château du Rosey
1180 Rolle
www.theatreauxjardins.ch
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